lundi 17 février 2020

Bouquinist Park \ Du côté de chez Françoise: La mémoire des embruns de Karen Viggers


Rassurez-vous mes chers amis : Si j'accuse à nouveau du retard par ici, ce n'est pas une question de moral mais de planning ! Ainsi je rédige ce nouvel article en direct live de... Nîmes ! Nîmes où je passe une excellent séjour culturel, culinaire et (évidemment) littéraire... Mais également située à 800km et 8h de route de mon domicile ! Raison pour laquelle je me devais de prendre un peu de repos avant ce long périple, ceci afin de ne pas m'épuiser comme l'an dernier ! 
C'est donc en compagnie de ma DreamBookTeam que je vous retrouve aujourd'hui, ravie de pouvoir alimenter cette petite rubrique grâce à leurs lectures... Conjuguées à leur enthousiasme, cela va sans dire ! Une DreamBookTeam et ses quatre membres, lecteurs motivés que j'ai réussi à embrigader dans quelques-unes de mes folles idées, parmi lesquelles celles de partager leurs activités livresques pour alourdir vos PAL ! 
Et tandis que Franck, Roseline et Laura continuent de bouquiner, c'est au tour de Françoise de nous parler de "La mémoire des embruns" de Karen Viggers, paru aux éditions Les Escales et maintenant chez Livre de Poche.

Ce que dit la quatrième de couverture...
" Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie, un homme incapable de savourer pleinement la sienne, une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse. "


Françoise a aimé... Oui mais pourquoi ?
Françoise dira en préambule que ce livre est fascinant pour ceux qui aiment la mer et ses enchantements !
Ainsi Françoise a beaucoup aimé ce livre qui met en scène une nature sauvage dont elle se sent si proche... Tant la mer et son éternel mouvement lui manquent, osera-t-elle même me confier…
Elle m'expliquera en outre qu'elle a grandement apprécié Marie, figure centrale de ce récit, pour son histoire de vie duelle : La face rangée d’une bonne épouse et le destin brisé d’une adolescente, fracassé par les conventions d’une famille convenable...
Françoise tiendra en outre à préciser qu'elle a vraiment aimé ce récit, enveloppé dans la brume de mer, les vents et l’écume, l’espace infini de plages désertes peuplées simplement d’oiseaux marins, qui sont décrits de façon minutieuse sans que cela devienne ennuyeux…
Enfin elle soulignera l’expression retenue de la souffrance, l’exaltation d’une passion inassouvie... Plus encore selon elle, c’est l’universalité du destin humain et des femmes surtout qui ont retenu toute son attention…

Résumons-nous pour finir...
Vous l'aurez sans doute déjà compris, Françoise n'a pas tari d'éloges sur ce livre dont elle a aimé tous les aspects, rejoignant dès lors le propos de Gérard Collard inscrit en gros sur son bandeau : Sublime !
Aussi Françoise ne vous conseillera que trop la lecture de ce bouquin, à la fois captivante, touchante et dépaysante !

samedi 8 février 2020

Lecture commune \ Avec Laura et Roseline : Le Passage de Justin Cronin

Quelle curieuse existence que la mienne ces derniers temps... Semblable à un parcours de montagnes russes - loopings inclus bien entendus ! - cela n'est pas si désagréable quand on y pense : Tant que l'on garde le moral et le coeur bien accroché, tant que l'on en retient les bons moments et les montées d'adrénaline sans se laisser déstabiliser : En tout cas c'est ainsi que je vois les choses désormais, je préfère prendre la vie du bon côté, profiter de ce qu'elle voudra bien m'apporter, ne garder que le positif et mettre le négatif dans les bacs prévus à cet effet !
Aussi je poursuis mes folles tribulations blogulaires, lesquelles sont encore plus amusantes et enrichissantes lorsqu'elles se font à plusieurs ! J'ai donc le plaisir aujourd'hui de retrouver deux des quatre membres de ma DreamBookTeam pour une lecture commune, un avis à trois têtes, une chronique à six mains ! Le défi était pourtant de taille mais ma meilleure amie Laura et ma maman Roseline l'ont relevé sans rechigner et se sont ainsi engouffrées avec moi dans "Le Passage" de Justin Cronin, initialement paru aux éditions Robert Laffont et désormais disponible chez Pocket !
 
Le livre dans ses moindres détails...
Format lu : Poche - 1280 pages
 
Résumé : "Années 2010. Dans le Tennessee, Amy, une enfant abandonnée de six ans est recueillie dans un couvent... Dans la jungle bolivienne, l'armée américaine recherche les membres d'une expédition atteints d'un mystérieux virus... Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de contribuer à une expérience scientifique gouvernementale. Lui et les autres condamnés à la peine capitale participant au projet mutent et développent une force physique extraordinaire. Les deux agents du FBI sont alors chargés d'enlever une enfant, Amy. Peu après que le virus a été inoculé à cette dernière, les mutants attaquent le centre de recherches. Près d'un siècle plus tard. Une communauté a survécu à l'apocalypse causée par l'attaque des viruls, ainsi qu'ont été baptisés les mutants. Une adolescente la rejoint bientôt. Une puce électronique implantée sous sa peau révèle qu'il s'agit d'Amy, âgée désormais de plus de cent ans mais qui en paraît à peine quatorze... L'aventure ne fait que commencer."
 
Incipit : "Avant de devenir la Fille de nulle part - Celle qui vient en marchant, la Première, la Dernière et la Seule, et qui vécut mille ans -, ce n'était qu'une petite fille appelée Amy. Amy Harper Bellafonte, née dans l'Ioowa. "
 
 
Verdict de mes acolytes...
C'est en vidant mes innombrables cartons de bouquins que j'ai mis la main sur cet intrigant pavé... Car on ne va pas se leurrer, avec ses 1300 pages il n'a de "Pocket" que le nom de sa maison d'édition... Mais s'en fait d'autant plus alléchant, aguichant : Il me fallait découvrir vers quoi ce "Passage" voulait m'emmener... Mais si seul on va plus vite : Ensemble on va plus loin ! Dès lors j'ai proposé à mes lectrices les plus assidues de le lire avec moi... Bien en amont pour ne pas les prendre au dépourvu, et elles ont accepté pour mon plus grand plaisir et votre plus grande curiosité !
 
Si Laura disposait de son propre exemplaire, j'ai prêté mon livre à ma maman Roseline afin qu'elle puisse le lire en premier, ce qu'elle a fait avec beaucoup d'enthousiasme avant de me rendre son avis durant les fêtes de fin d'année.
De cette lecture elle dira qu'il s'agit effectivement d'un gros pavé mais qu'il est si prenant qu'elle ne l'a finalement pas remarqué ! Elle s'est ainsi laissée entraîner dans différents mondes, a côtoyé moult personnages tous plus différents les uns que les autres dans une ambiance apocalyptique et sous la menace d'un virus, le tout à travers les yeux d'Amy dont elle a aimé suivre les péripéties. Si elle ne nie pas quelques longueurs au démarrage, cela n'a en rien entaché le plaisir qu'elle a pris à lire ce livre, ne voulant même plus le terminer, déçue que l'aventure trouve finalement à s'arrêter. Elle a ainsi dévoré le bouquin plus rapidement qu'elle ne le pensait/ne le voulait et en conserve un excellent souvenir de lecture !
 
Bien loin de l'impressionner, Laura est également venue à bout de ce pavé dont elle a globalement apprécié la lecture... Pour elle aussi les 1300 pages ont défilé plus vite qu'elle ne le pensait car elle s'est volontiers laissée embarquer par cette histoire qui ne cesse de se renouveler, dont le genre ne cesse d'évoluer, tant et si bien qu'elle n'a pas vu le temps passer. Toutefois Laura semble quelque peu frustrée de n'avoir pas eu toutes les réponses aux questions qu'elle se posait et aurait aimé que certains éléments et personnages soient davantage étoffés, développés... Pour encore plus de pages à dévorer, ce qu'elle admet bien volontiers mais, là encore, elle aurait sans doute préféré que l'histoire soit divisée en plusieurs tomes pour encore plus en profiter...
 
Et votre blogueuse dans tout ça ?
Et bien votre blogueuse rejoint bien volontiers l'avis positif de ses acolytes ! Si le bouquin a de quoi impressionner, on se laisse vite happer et emporter par cette intrigue, certes dense et complexe, mais bigrement bien pensée, construite et menée. Si l'on ne voit pas le temps passer, c'est parce que l'auteur n'a pas ménagé ses efforts ni son lecteur qu'il sait admirablement tenir en haleine d'un bout à l'autre du roman. Ainsi s'enchainent actions, révélations et autres rebondissements tandis que se mêlent et s'emmêlent différents genres pour une récit unique et atypique. Si les personnages se trouvent particulièrement nombreux, ils s'avèrent fort bien croqués pour qu'on les suive avec beaucoup d'intérêt. On notera enfin que l'intrigue est d'autant plus prenante, haletante qu'elle est portée par une plume fluide, agréable, élégant, un style accrocheur et soigné : Pas étonnant si l'on ne voit pas le temps passer ni les pages défiler !
 
 
Le mot de la fin...
Si l'avis est unanimement positif, je retiens toutefois les quelques réserves de Laura en ayant, je crois, une réponse à leur apporter car "Le Passage" constitue en réalité le premier tome d'une saga qui se poursuit avec "Les Douze" puis "La Cité des Miroirs"... Si j'ai fait tout récemment cette découverte, mon esprit azimuté de lectrice passionnée n'a pas manqué de retenir l'information pour alourdir sa PAL de 2000 pages supplémentaires... Oui, parce qu'ils sont presque aussi gros que l'opus qui vient de nous occuper !
Et vous l'avez-vous lu ? Les avez-vous lus ? C'est à votre tour de nous en parler désormais !  

mercredi 5 février 2020

Chroniques 2020 \ Bleu Calypso de Charles Aubert


Non je ne suis pas tombée sur la tête... Voilà un polar original qui vous donne le sourire et vous fait du bien : "Bleu Calypso" de Charles Aubert, initialement paru chez Slatkine & Cie et désormais disponible chez Pocket.
 
Le pitch : Niels Hogan a tout quitté et fui la ville pour s'installer dans une petite cabane au bord d'un étang près de Montpellier, fabriquer des leurres pour la pêche et vivre en harmonie avec la nature. Il mène une vie simple et solitaire, échange de temps à autre avec son voisin le vieux Bob. Mais voilà qu'à l'occasion d'une petite virée en kayak, il se met à repêcher des cadavres... Alors que tout semble l'accuser et le place en tête d'affiche parmi la liste des suspects, Niels va mener sa petite enquête avec l'aide de Lizzie, fille de son voisin et jeune journaliste déterminée...
 
Ca, pour une surprise, c'est une surprise ! Surprise de sa réception tout d'abord, puisqu'il m'a gentiment été envoyé avec "Rouge Tango" par les éditions Slatkine & Cie conjointement avec les éditions Pocket, maisons d'édition que j'apprécie énormément et que je tiens au passage à remercier de ce joli cadeau. Surprise ensuite par le petit mot qui accompagnait ces titres puisqu'il qualifiait ces derniers de "polars doux"...?! Surprise enfin de cette lecture, dont je me dois absolument de vous parler désormais !
 
Pour son premier polar en effet, l'auteur nous offre une intrigue originale et décalée, étonnante et rafraichissante, dans laquelle on plonge avec curiosité pour se laisser happer avec plaisir, la dévorer avec avidité et en tourner la dernière page avec le sourire, absolument enchanté.
Si je devais vraiment qualifier ce roman, je dirais quant à moi qu'il s'agit d'un polar zen et naturaliste. Si on croise effectivement des cadavres au bout de la ligne, l'auteur n'entend toutefois pas vous étourdir avec de l'hémoglobine plein les chapitres, ce qui le rend d'autant plus inédit, plaisant mais aussi apaisant... Sans qu'on ne s'ennuie un seul instant ! Dès lors l'auteur nous entraîne bien loin de toute activité citadine et nous offre des descriptions si belles que l'immersion est complète, parfaite : On s'y croirait et c'est magnifique !
On s'y croirait, oui, et ce en bonne compagnie ! Car l'auteur a su doter son bouquin d'une poignée de personnages qu'on prend grand plaisir à rencontrer pour ensuite apprendre à les connaître et les apprécier avant de devoir les quitter à regret. Des personnages dont on suit les péripéties avec une grande curiosité et un profond désir de vouloir les aider... Mais surtout, surtout : Dans la joie, la bonne humeur... Et la sérénité : Ce n'est pas parce qu'il y a des morts qu'il faut se laisser miner !
Porté par une plume remarquablement belle, fluide et soignée, un style empreint d'humour mais aussi de poésie - mention spéciale pour les Haïkus en début de chapitre, mais aussi pour le titre - La lecture n'en est que plus agréable, sympathique et addictive !
 
En bref, je persiste et signe : Un polar détonant et décalé, efficace et bien ficelé mais aussi rafraichissant et ensoleillé !

samedi 1 février 2020

Livres et vous ? Livrez-vous... Avec Jack Jakoli !


"Livres & Vous"... Souvenez-vous : Le 24 janvier dernier j'avais la chance de pénétrer dans l'annexe de la bibliothèque du Sénat pour assister au tournage de cette émission qui annonçait sa reprise le soir même sur la chaîne Public Sénat... Sans doute là un signe du destin qui annonçait la mienne, car je ne suis pas peu fière de vous retrouver par ici aujourd'hui, enchantée et ravie de relancer ma rubrique éponyme !
Une rubrique qui m'a beaucoup manqué, moi qui aime tant partir à la rencontre - réelle ou virtuelle - des auteurs et plus largement de tous ces acteurs du monde littéraire, ceci afin de les aborder sous un autre angle en découvrant leurs lectures et le lecteur qui sommeille en chacun d'eux... En proie à mes propres difficultés, j'ai mis un temps mes interviews de côté... Mais cette intermède a assez duré : Il est temps de reprendre du clavier !
Il me fallait un auteur à la hauteur de cette reprise en ce 1er février : J'ai donc franchi la frontière belge pour solliciter un poli/roman-cier dont le talent n'est déjà plus à démontrer et qui n'hésite pourtant pas à se baisser sur chacune de nos photos afin de réduire la distance entre sa tête et la mienne... Preuve s'il en fallait d'une grande bienveillance qui n'a d'égale que son humilité...
Si son premier roman intitulé "La Catabase" a débarqué dans toutes les bonnes librairies sous la bannière des éditions IFS en décembre dernier pour nous régaler d'une intrigue toute en noirceur et en intensité, il s'était déjà fait remarquer au travers de 5000 mots pour une courte nouvelle qui prenait le nom de "Punition" aux éditions Lamiroy.
Peu habitué à répondre aux questions de par sa profession, Jack Jakoli s'est pourtant livré à l'exercice avec enthousiasme et sincérité, m'offrant même le privilège de réaliser ici sa toute première interview comme j'ai pu l'apprendre dans les réponses que vous allez bientôt lire ci-dessous : Qu'il en soit chaleureusement remercié, je suis extrêmement touchée !
Trêve de bavardages, je ne vous fais pas languir plus longtemps et vous laisse à présent découvrir ses réponses... Bonne lecture !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Avant de commencer, je tiens juste à dire bonjour ou bonsoir à toutes et tous qui liront ton interview. C’est une première pour moi, et j’avoue ne pas être habitué à me retrouver de ce côté de la table. En général, c’est moi qui pose les questions 😉
Donc, pour répondre, mon pseudo est Jack Jakoli et j’ai 39 ans. Au vu de mon boulot, je ne peux pas écrire sous mon véritable nom. Je suis enquêteur à la police judiciaire fédérale belge dans la section criminelle de Mons. Un peu l’équivalent du 36 de Paris. Cela va faire presque 20 ans que je suis dans la police que j’ai vécue dans pratiquement tous ses aspects.
Petit ou grand lecteur : Quelle place tient la lecture dans ta vie ?
Et bien, cela dépend des moments. Le temps est devenu mon pire ennemi. J’aimerais avoir des journées de 38 heures pour pouvoir assouvir mes obligations, mes devoirs, mes envies et mes addictions mais je dois composer avec la vie réelle. Mon boulot me prend une grande partie de ma journée, ma vie sociale prend le relais, ce qui me laisse peu de temps pour le reste. Je parle bien évidemment de la lecture, ainsi que de l’écriture depuis deux ans maintenant. J’ai toujours un truc à lire sur moi et je me permets quelques minutes éparses pour avaler quelques lignes ou pages. Ce qui fait que je lis plusieurs livres en même temps.
Quel a été ton premier coup de cœur littéraire ? Et le dernier ?
Mon tout premier coup de cœur a été "La nuit des temps" de Barjavel. C’était l’une des lectures imposées à l’école. Malheureusement, je n’étais pas un grand fan de lecture durant ma période scolaire, trop de livres non adaptés et forcés pour ouvrir mon esprit et ma curiosité vers les bouquins. Heureusement que ce volume m’a lancé vers cette voie, vers ces mots qui peuvent nous emporter.
Le dernier est "Dynamique du chaos" de Ghislain Gilberti. Je sais qu’il date mais cette tranche de vie m’a rappelé mes premiers écrits (non publiés). Pas simple de se dévoiler dans un livre et encore moins lorsque le vécu est trouble et troublé. Mais Ghislain a cette force dans l’écriture, cette capacité de vous entraîner au plus profond des abysses. Raison pour laquelle ça a été un coup de cœur et raison pour laquelle je m’étonne encore et toujours de voir son nom sur le bandeau de "La Catabase".
Y a-t-il un livre/auteur qui t'a poussé à prendre la plume ? Quel a été ton déclic ?
Il n’y a pas vraiment d’auteur qui m’a poussé à prendre la plume. J’ai toujours griffonné en fait. Vers 12 ou 13 ans, j’avais participé à un concours d’écriture qui devait faire tenir une histoire policière en cinq pages. Le titre balançait déjà l’intrigue, c’était "Meurtre à l’hôpital". Malgré cela, j’ai fini troisième et j’ai gagné le stylo de bronze, que l’école a gardé d’ailleurs. Je pense que je me suis fait avoir sur ce coup. Sinon, mon déclic a été un crac. Une jambe brisée au boulot qui m’a cloué au lit plusieurs mois. C’est là que j’ai écrit sérieusement pour la première fois (l’écrit dont je parle plus haut). Cela a été un exutoire, une échappatoire. Par la suite, c’est devenu addictif, très addictif.
Ton premier roman intitulé "La Catabase" est récemment paru aux éditions IFS dans la collection Phénix Noir : Peux-tu nous en parler ?
Ce livre a une histoire atypique je trouve. Pour faire simple, il émane d’un concours de circonstances. Le manuscrit était déjà terminé lorsque j’ai pris contact avec Salvatore Minni qui était édité chez Nouvelles Plumes et, intéressé par le concept de cet éditeur, je venais me renseigner afin d’en savoir plus. Dans l’intervalle, j’ai fait la connaissance de Marc-Olivier Rinchart (alias Marco) qui est l’agent littéraire de Salvatore. Des échanges de messages ont eu lieu et, quelques mois plus tard, Salvatore a publié un Opuscule auprès des éditions Lamiroy. Attiré par le format, Salvatore m’a mis au défi d’écrire une histoire qui tienne la route en 5000 mots. Pas un de plus, pas un de moins. Je l’ai fait et je me souviens qu’il devait être 2 heures du matin lorsque je l’ai envoyé à Lamiroy sans grande conviction d’ailleurs. Deux mois plus tard, j’avais une réponse positive et la date de publication. Cette nouvelle a eu du succès et Marc-Olivier m’a proposé de venir la dédicacer à la Foire du Livre de Bruxelles. Après ce salon, Marco m’a dit ceci : "Bon, je t’ai fait venir ici. Maintenant, si tu as un manuscrit, priorité chez moi." J’ai acquiescé et comme je suis un homme de parole, neuf mois plus tard, "La Catabase" était à l’ouverture du salon Iris Noir à Bruxelles auprès de leur maison d’édition.
D'où t'est venue l'idée d'un tel sujet ? Comment as-tu travaillé sur celui-ci ?
C’est un roman que j’ai écrit lors de ma seconde période post-opération de la jambe. Les mots filaient et le premier jet a été bouclé en moins de deux mois. Je savais comment l’histoire devait commencer et comme elle devait finir. Pour le reste, ça venait lorsque je me trouvais devant mon écran. J’ai adopté la méthode Stephen King : 2000 mots par jour quoi qu’il advienne. Sauf que les 2000 se transformaient généralement en 3000 voire 4000 parfois. Tout ce que j’ai fait pour m’aider, c’est une ligne du temps pour la cohérence. Pour ce qui est de l’idée, elle m’est venue naturellement. Je voulais simplement dénoncer une pratique tout en expulsant sur le papier ce que j’ai eu la malchance de voir en vidéo. Je parle des tortures, des massacres filmés que l’on revend sur le darkweb. Dans le cadre de mon boulot, j’avais eu un cours sur la face cachée du web et ce qu’il pouvait s’y passer. Il y a de tout. Comme l’éventail humain, du meilleur comme du pire.
Bien évidemment, le livre a demandé pas mal de relectures et des corrections. Je débute et je n’ai pas encore bien en mains toutes les techniques d’écriture. J’ai eu l’aide précieuse de Séverine Clément et de Damien Eleonori pour cela. J’en profite d’ailleurs pour les remercier à nouveau.

Ton livre vient tout juste de paraître... Mais as-tu déjà une idée pour ton prochain roman ? D'autres projets littéraires en préparation ?
Bien sûr, et j’ai intérêt d’ailleurs ! Les retours sur "La Catabase" sur les réseaux sociaux ont fait naître une espèce de secte, les #jakolistes. Les membres sont vraiment des gens sympas. D’un certain point de vue, ils ne veulent que mon bien. A l’exception du fait qu’ils rêvent de me péter les genoux pour que je puisse écrire la suite plus vite. Parce que, oui, "La Catabase" aura une suite. C’est devenu évident lors de l’écriture du premier, je ne pouvais pas laisser l’histoire se terminer comme cela.
J’ai d’autres écrits dans les bacs et d’autres au stade de projets. Je ne compte pas m’arrêter là, comme je l’ai dit, c’est devenu addictif et mon job m’apporte, malheureusement, de l’inspiration chaque jour.
Question mitraillette : Quel est...?
  • Ton livre de chevet ? Ce n’est pas un livre mais une PAL. Toutefois, en général, c’est mon pc portable pour écrire. Mais un que j’ouvre souvent, c’est "Ecriture" de Stephen King.
  • Le livre qui cale ta bibliothèque ? Alors, honte à moi, mais c’est "Les bienveillantes" de Jonathan Littell. Je sais que cela doit être un bon livre mais quand je l’ouvre, la mise en page m’inspire surtout de la lourdeur. Pas de paragraphe, pas d’espace, c’est un bloc. Je ne suis probablement pas encore prêt à le lire, voilà tout.
  • Le livre que tu aurais rêvé d'écrire ? "Comme un roman" de Daniel Pennac. Les droits du lecteur ou comment faire lire, comment offrir la liberté de lire. J’ai eu la chance d’entendre ou de lire concernant l’un de mes écrits : "tu m’as réconcilié avec la lecture" ou "c’est la première fois que je termine un livre". Je ne sais pas pour les autres mais je pense que, pour un écrivain, c’est le meilleur compliment que l’on puisse faire. "Comme un roman" donne simplement envie de lire. 
  • Ta lecture en cours ? Comme je l’ai dit, le temps est mon ennemi. Mais je lis actuellement "Anamnèse" de Salvatore Minni, "Matière Noire" de Ivan Zinberg, "Demande à la poussière" de John Fante et j’attends avec impatience le prochain Ghislain Gilberti. Oui, j’en lis plusieurs en même temps.
Si tu devais comparer ta vie à un roman, lequel serait-ce ?
J’espère ne pas la comparer prochainement à "Misery" de Stephen King au vu de la secte #jakoliste 😉.
Mais plus sérieusement, c’est une question difficile. De par les humbles messages délivrés par l’auteur, j’ai de plus en plus l’impression de me retrouver dans la peau du vieux dans "Le vieil homme et la mer" de Ernest Hemingway. Le travail comme existence. La souffrance offrant un certain salut, une reconnaissance. La lutte du bien contre le mal en toutes circonstances. La transmission du savoir aussi. Notre vie "civilisée" en fait. Attention, je ne me sens pas vieux mais j’espère le devenir. Certains ont beaucoup à enseigner pour le peu qu’on les écoute. On s’en rend compte parfois trop tard.
Un petit mot pour la fin ?

Oui, on me demande souvent si le premier chapitre est tiré de faits réels. Je ne peux que répondre par l’affirmative et que c’est même édulcoré par rapport à la réalité. Mais, comme le dit Pennac, le lecteur a le droit de sauter un chapitre. Il est construit de façon à ne pas entacher l’histoire si on le zappe.
Dans mes écrits, je ne peux pas promettre le meilleur. Uniquement la nature humaine telle que je la vois tous les jours.
Et vraiment le dernier mot : Merci !

Ainsi s'achève cette petite interview au travers de laquelle j'ai eu le plaisir de vous dévoiler le lecteur qui se cache derrière l'auteur qu'est Jack Jakoli ! Encore une fois je tiens à le remercier du fond du coeur pour s'être si volontiers  prêté au jeu de mes petites questions indiscrètes, me permettant ainsi d'en apprendre davantage à son sujet alors même que j'ai récemment eu la chance d'animer une table ronde à ses cotés !
Et maintenant place à la lecture : Si vous n'avez pas encore découvert la plume de Jack Jakoli, je vous invite à le faire à votre tour et sans détour en vous plongeant dans "La Catabase" ou dans "Punition"... Peu importe le choix que vous ferez, faites-moi confiance : Vous serez conquis sans délai ! N'hésitez pas à retrouver mes chroniques par ICI pour plus d'informations... Et partagez avec moi votre avis ! A très vite pour de nouvelles aventures littéraires mes amis !

Chroniques 2020 \ Punition de Jack Jakoli


Quand 36 pages suffisent à semer le doute dans votre esprit : "Punition" de Jack Jakoli, une nouvelle parue dans la collection Opuscule des éditions Lamiroy.
 
Le pitch : "Veuillez m'excuser cher Monsieur mais il me semble que vous êtes assis à ma place". Contrarié alors qu'il monte à bord d'un avion à destination de New York pour signer un important contrat, un auteur à succès s'assied par mégarde à la place de son voisin qui le lui fait remarquer... Le vol s'annonce interminable et la conversation ne fait que commencer...
 
Si je connaissais Jack Jakoli via les réseaux sociaux, c'est sur le Salon "Iris Noir" organisé à Bruxelles que je le rencontrais pour la première fois, me procurant dès lors "La Catabase", son premier roman... Mais pas son premier récit. Non, son premier récit... Le voici, sur le point d'être chroniqué par votre petite blogueuse déjantée...
 
"Pour Aurélie. Voici mes 5000 premiers mots. J'espère que ça te plaira." C'est ainsi que l'auteur me griffait sa nouvelle au Salon "Noir Charbon" à Raimbeaucourt. Une dédicace simple, rapide et efficace... Une dédicace à l'image de cette nouvelle tout à la fois sombre et remarquable.
La nouvelle n'est pas un genre aussi aisé à maîtriser qu'on pourrait le penser. Il faut savoir attirer, captiver, percuter et épater, le tout sans tarder ni s'attarder. Chaque ligne, chaque mot compte. Ici il en fallait 5000. Ni plus. Ni moins. Et Jack Jakoli a brillamment relevé ce défi.
Retenant toute notre attention dès les premières lignes, l'auteur ne tarde pas à nous asséner un premier uppercut en présentant ses personnages... Des personnages que l'on connaît et reconnaît... Et c'est assommé par ce coup auquel on ne s'attendait pas qu'on poursuit la lecture, découvre une situation somme toute assez banale... Une situation qui va vite déraper pour nous échapper et nous troubler au point de ne plus savoir quoi penser et nous inquiéter sur nos propres facultés...
Ainsi le lecteur se laisse porter et emporter par ces 5000 mots qu'il aura tôt fait de dévorer, par cette intrigue redoutablement bien pensée et bien déroulée. en proie à un suspense particulièrement bien maîtrisé, en compagnie de personnages fort bien campés et séduit par une plume vive et efficace, un style incisif et soigné... Il n'en faut pas davantage pour vous régaler !
 
En bref, je ne suis pas douée pour chroniquer les nouvelles mais Jack Jakoli est doué pour les écrire : c'est bien là l'essentiel !

vendredi 31 janvier 2020

Chroniques 2020 \ Celle qui pleurait sous l'eau de Niko Tackian


Quand Tomar Khan s'éclipse pour offrir la parole aux femmes : "Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian, paru ce 02 janvier 2020 aux éditions Calmann Levy.

Le pitch : Elle s'appelait Clara. On a retrouvé son corps flottant dans le bassin d'une piscine parisienne. Les circonstances de sa mort laissent à penser qu'il s'agit là d'un suicide. Si Tomar Khan, pris dans ses propres difficultés, envisage de clôturer dès à présent ce dossier, son adjoint Rhonda n'est pas tout à fait de cet avis et pense qu'il y a encore quelque chose à découvrir au delà de ce geste désespéré...

Voilà un an que j'attends ce moment ! Un an... Seulement dans mon enthousiasme et ma naïveté, je me suis persuadée que j'allais retrouver Niko Tackian au salon du Livre de Nemours le 12 janvier... Sans vérifier... Qu'il ne s'y trouvait pas... FRUSTRATION ! Un sentiment qui n'a pas sa place dans mon vocabulaire quand il s'agit de tentation littéraire : Je me suis donc précipitée en librairie pour me procurer l'objet tant convoité en dépit de toute préoccupation financière : Mon auteur et mon libraire avant mon banquier ! Me voilà maintenant parée à bouquiner !

Une fois encore l'auteur réussit son périlleux pari et s'empare d'un sujet déjà maintes fois traité tant il est tristement d'actualité, aujourd'hui plus que jamais, pour nous en livrer une intrigue d'une incroyable singularité, à la fois intense, forte et prenante tout en s'avérant particulièrement sensible, touchante et même bouleversante. Loin de faire dans la polémique ou le voyeurisme, l'auteur aborde la question sous un angle différent, plus délicat et plus subtile : L'aspect psychologique, plus abstrait mais dont les dégâts sont parfois bien plus graves et dangereux qu'il n'y paraît... Parce qu'il n'y a pas que les coups qui laissent des traces... Parce qu'un mot peut causer bien des maux, et ce au plus profond de son âme alors même que la preuve du dommage est tellement plus difficile à apporter. Ainsi l'auteur nous offre ici une intrigue particulièrement bien ficelée, bien menée, mais aussi pleine de ces émotions dont on ne sort pas forcément indemne... Parce qu'elles sont encore trop nombreuses à pleurer sous l'eau...
Véritable pilier de cette formidable trilogie, c'est aussi avec un plaisir réel et sincère que j'ai retrouvé Tomar Khan et son équipe. S'il demeure empêtré dans ses propres difficultés et en proie à ses propres démons, Tomar Khan n'en demeure pas moins présent en coulisse pour soutenir Rhonda dans cet émouvant récit. Emouvant oui, comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, car les émotions nous gagnent ici bien davantage que dans les opus précédents. Sans doute parce qu'on commence à bien connaître ce commandant auquel on s'est attaché au gré de ses enquêtes, qu'on parvient désormais à cerner sa personnalité et notamment son côté borderline, ses forces et ses faiblesses, et qu'on aimerait bien l'aider si seulement on en avait la possibilité. Peut-être aussi parce qu'on ne peut qu'être ému du sort de Clara, victime à laquelle ce titre rend si joliment et si justement hommage.
J'en terminerai en disant que l'intrigue n'aurait pas tant de prestance, les personnages n'auraient pas tant d'épaisseur sans la plume de notre auteur, si visuelle, si efficace et si soignée, cet inimitable style à la fois vif, élégant et dynamique, le tout rythmé par des chapitres courts qui apportent du nerf au récit, tant et si bien qu'on atteint le point final presque frustré : Parce que la lecture est déjà terminée...
 
En bref, je dois vous confier un secret : Si jusque-là j'ai toujours eu une légère préférence pour les one-shots du Sieur Tackian, cet opus-là - à la fois prenant et poignant - vient de changer la donne !    

jeudi 30 janvier 2020

Chroniques 2020 \ L'ultime mystère de Paris de Bernard Prou


Quand l'auteur se fait conteur pour un thriller de toute beauté : "L'ultime mystère de Paris" de Bernard Prou, paru aux éditions Calmann Levy.
 
Le pitch : Spécialisé dans les livres anciens, Oreste est libraire, mais aussi membre du "Cercle Qadisha" avec quelques amis en vue de protéger des archives et reliques très précieuses conservées dans le plus grand secret à l'abri d'une crypte aménagée. Seulement le "Cercle Qadisha" se voit très vite amputé - même décapité - de deux de ses éléments, et sent alors le danger se rapprocher...
 
Vous voudrez bien excuser la médiocrité de mon petit résumé... Mais il est difficile de vous relater bouquin si passionnant sans divulgâcher, ce qui serait un véritable crime littéraire, vous en conviendrez ! Je connais Bernard Prou au travers de son premier roman, "Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant" et après l'avoir rencontré à deux reprises au Printemps du Livre de Montaigu... Formidable salon auquel je dois malheureusement renoncer cette année, pour cause que Quais du Polar concomitants... Bref... Toujours est-il que j'ai eu la chance de pouvoir retrouver Bernard Prou sur le salon "Lire c'est libre" organisé samedi dernier à la Mairie du 7ème arrondissement de Paris : L'occasion idéale pour faire griffer mon exemplaire... Et le bouquiner dans la foulée, ne faisons pas les choses à moitié !
 
Force est de constater que l'auteur sait conjuguer les thèmes et les genres avec une déconcertante facilité doublée d'une étonnante simplicité ! Loin de nous assommer, l'auteur érudit mêle ainsi sa petite histoire à la grande, l'agrémente d'éléments scientifiques mais aussi ésotériques, puis saupoudre le tout d'une belle dose de suspense pour nous entraîner au coeur d'une intrigue captivante à souhait, qu'on ne voit décidément pas défiler tant les rebondissements, révélations et autres péripéties s'enchaînent d'un bout à l'autre du récit !
Mais au delà de l'intrigue elle-même qu'on prend plaisir à découvrir aux côtés de personnages fort bien campés, l'auteur n'a sans doute pas ménagé ses efforts ni son travail de recherche pour nous offrir un récit d'une minutieuse précision, dans lequel on plonge sans la moindre hésitation pour se laisser porter et emporter là où l'histoire voudra bien nous emmener. Les descriptions sont telles qu'on s'y croirait, tant et si bien que les souterrains de Paris n'auront sans doute plus de secrets une fois cette lecture achevée !
A la fois fascinante et enrichissante, cette intrigue est en outre portée par une plume particulièrement fine, fluide et ciselée, un style vif, entraînant et soigné pour un excellent moment de lecture assuré ! Et pour les plus aventuriers d'entre nous, l'auteur nous offre même la possibilité de résoudre nous-même une énigme avant d'en découvrir la solution parmi ces lignes et poursuivre notre lecture en ayant pleinement participé à l'avancée de l'intrigue : N'est-ce pas qu'on est gâté !
 
En bref, un roman à la fois riche et enrichissant dans lequel Histoire et secrets se mêlent et s'emmêlent à merveille pour une lecture tout simplement envoûtante : On en redemande !