mardi 15 mars 2016

Chroniques 2016 \ Surtensions d'Olivier Norek



Diamant brut du polar français : "Surtensions", d’Olivier Norek, aux éditions Michel Lafon.
Le pitch : Novice dans un braquage pourtant réussi, Nunzio Mosconi dit Nano, 22 ans, se retrouve incarcéré au Centre Pénitentiaire de Marveil après une erreur de débutant. N’ayant pas le physique ni le mental nécessaires pour faire face à sa détention, ce dernier devient vite le souffre-douleur de son codétenu, puis d’autres prisonniers. Prête à tout pour le sortir de là, sa sœur Alexandra, tête pensante de cette redoutable famille corse, envisage de commettre un braquage hors du commun, guidé pour cela par l’avocat de la famille, Maître Tiretto, qui semble cependant y avoir plus d’intérêts qu’il ne le laisse paraître…
En parallèle, et à quelques jours du départ de sa supérieure, le Capitaine Coste et son équipe enquête sur l’enlèvement de David Sebag, jeune juif de 19 ans, pour lequel les ravisseurs demandent une rançon. N’est-ce pas l’enquête de trop pour Victor ?
J’attendais évidemment ce troisième volet des aventures du Capitaine Coste et son équipe avec fébrilité. Révélé avec Code 93, le talent d’Olivier Norek était confirmé avec Territoires et avec Surtensions, c’est tout simplement la consécration.
Dès le prologue, l’auteur donne le ton et colle un véritable uppercut à son lecteur : Un drame a frappé le groupe Crime 1. Et ça fait mal. Vous avez 500 pages pour vous préparer au choc.
Mais l’auteur est impitoyable et ne laisse pas une seconde de répit à son lecteur, le plongeant directement au cœur d’une intrigue particulièrement tortueuse mais magistralement maîtrisée, structurée, et surtout d’un réalisme impressionnant et efficace.
Car rien n’est laissé au hasard par cet auteur précis qui, policier de profession, se livre sur son quotidien comme celui de tant d’autres policiers sous couvert de fiction, révélant ainsi la triste et effroyable situation du monde carcéral, ainsi que les rouages de cette vieille Dame qu’est la Justice, mettant un violent coup de projecteur là où quiconque préfèrerait plutôt garder ses confortables œillères.
Mais l’auteur ne s’arrête pas en si bon chemin et n’a pas de pitié pour son lecteur qui, les mains agrippées au roman, les yeux rivés aux lignes qui défilent, dévore frénétiquement les chapitres de ce page turner sans pouvoir ralentir l’allure qui le mène tout droit vers cette inéluctable fin riche en émotions. Le rythme est haletant, la tension palpable, le suspense brillamment soutenu d’un bout à l’autre du livre : Le lecteur est pris dans les filets de l’auteur et n’a aucune chance de pouvoir en réchapper.
Les personnages sont minutieusement travaillés, soignés, ciselés même, un casting parfait pour cette nouvelle aventure. Tel le cinquième membre composant cette équipe à laquelle on s’est attaché depuis longtemps déjà, le lecteur découvre des policiers sensibles, à la carapace fragile, physiquement et moralement fatigués, indignés, tout simplement humains, ce qui constitue la véritable force de ce polar, permettant ainsi de vivre l’enquête plus que de la lire.
Le style de l’auteur, toujours aussi fluide, vif, nerveux, et même scénaristique, ne fait que contribuer à l’exceptionnelle qualité du récit. Le lecteur, déjà conquis, n’est pas à l’abri de croiser au détour d’un chapitre des scènes d’une intense émotion, comme celle avec les boîtes de conserve (que je vous laisse découvrir).
Et s’il en fallait plus encore pour vous convaincre, il faut souligner que le chat, petit protagoniste récurrent de chacun des romans de M. Norek, revient pour notre plus grand plaisir… Et son plus grand malheur…
En bref, j’avais apprécié Code 93, j’avais aimé Territoires, j’ai adoré Surtensions. Plume montante du polar français, Olivier Norek n’a désormais plus à faire ses preuves et s’est définitivement installé au sommet de son art. La dernière aventure du Capitaine Coste… Peut-être, peut-être pas… Quoi qu’il en soit, c’est cet auteur qui m’a donné l’envie de faire partager mes coups de cœur littéraires, c’est encore cet auteur qui m’a réconcilié avec le polar français. Je lui fais donc largement confiance pour la suite, quelle qu’elle soit, et attend déjà son quatrième roman avec une grande impatience !
Une dernière chose : Ce petit bijou sera disponible dans toutes les bonnes librairies le 31 mars… Alors : notez la date dans votre agenda, chaussez de bonnes baskets le jour J et… FONCEZ !!!

2 commentaires:

  1. J'adore !
    Je n'ai lu que 110 pages, mais je suis déjà bien accroché ! Encore un petit bijou de Sieur Norek !

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    1. Coucou coupine! Je suis contente que tu aies lu ma chronique, merci beaucoup! Tu verras, c'est une petite merveille! 😍

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