samedi 27 août 2016

Chroniques 2016 \ Question de temps de E.R. Link


Tonnerre de Brest ! Voilà une pépite qu’il me faut partager avec vous : "Question de temps", de E.R. Link, disponible sur Amazon.


Le pitch : Sur l’île de Barbican, archipel du Touraco en pleine Mer des Palmariales, Calixte Zygène de la Spirée est un jeune homme aux ressources aussi surprenantes qu’inépuisables. Vivant de larcins depuis la déchéance de sa famille et de son nom, celui-ci n’hésite pas de temps à autre à prendre la mer pour se faire oublier sur terre et vice-versa.
Alors qu’il vient dissimuler son dernier larcin, dérobé au nez et à la barbe de l’infâme Gouverneur Eugène Duclos des Anacardiers et de sa fille Joséphine, Calixte découvre un étrange cylindre de bois et de bronze finement ouvragé. Mais, cerné de toutes parts, il n’hésite pas une nouvelle fois à rejoindre la flibuste avec sa dernière trouvaille, sans deviner que ce voyage va l’emmener bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer…  


Le hasard fait décidément bien les choses. C’est à la suite d’un message de l’auteure sur Twitter, dans lequel elle proposait son roman en échange d’une chronique, que je me suis lancée dans cette folle aventure, sans vraiment savoir de quoi il était justement question, vous commencez à me connaître. Quand j’ai compris qu’il s’agissait d’une histoire de pirates, j’ai tout d’abord pensé : « Mais ma pauvre fille, dans quoi t’es-tu encore embarquée ?! », le seul pirate trouvant grâce à mes yeux étant le Capitaine Jack Sparrow… Il faut dire qu’il est plutôt charmant… Non, allez, je peux le dire, il est franchement charmant… Et puis il est relativement élégant… Bon d’accord, je peux l’avouer, il est follement élégant… Quoi ? Ah mais je sais qu’en réalité il s’agit de Johnny Depp, mais justement ! Enfin non… Enfin si… Enfin laissez tomber, je me comprends… Bref, je n’étais pas encore acquise à la cause pour tout vous dire… Puis j’ai vu cette superbe couverture, je me suis volontiers laissée charmée… J’ai ensuite découvert de magnifiques cartes d’un réalisme à couper le souffle, je me suis volontiers laissée emporter… Et finalement j’ai lu ce livre… Mille milliards de mille sabords, employons le terme adéquat : cette merveille !

Dès les premières pages, le lecteur se voit embarqué pour son plus grand plaisir au cœur d’une aventure aussi passionnante qu’époustouflante. Travaillant avec une incroyable minutie son souci du détail pour un rendu d’un réalisme stupéfiant tant les descriptions sont magnifiques, l’auteure nous livre ici une intrigue d’une incroyable précision et d’une crédibilité à toute épreuve, solidement posée, et formidablement maîtrisée. Les péripéties s’enchaînent à une vitesse folle, ne laissant aucun répit à un lecteur déjà conquis depuis longtemps. Alors qui dit « histoire de pirates » dit « pirates » (mais pas que…), dit « trésor » (mais pas que … !), dit « bateau » (mais pas que !!!) et on retrouve évidemment ces sujets, mais traités avec une telle originalité, et si brillamment combinés avec d’autres thèmes plus insolites ici, tels que l’amour ou le temps, que le lecteur se laisse volontiers porter et transporter au gré du vent de ce captivant récit dont il dévore les 500 pages sans s’en rendre compte avant d’aboutir à un fabuleux dénouement… Qui lui laisse cependant un goût amer… Pourquoi ? Parce que le voyage est DEJA fini…
Vraie force du roman, les personnages sont tous remarquablement bien construits et richement étoffés, les rendant aussi attachants qu’ils sont truculents dès la première rencontre. J’ai adoré le charme et le sourire insolent de Calixte Zygène de la Spirée, j’ai raffolé de l’inconstance et les étourderies de Joséphine Duclos des Anacardiers, j’ai aimé la puissance et le sourire jaune citron du Capitaine Toussaint Makaire, j’ai admiré la noirceur et l’inoubliable mèche du Capitaine Onésime de Berkeley, j’ai adulé la force de caractère et les magnifiques tenues de la Capitaine Sybil Vivaneau de Timor… Mais surtout… Surtout… Je suis désormais une fan inconditionnelle de Gros-Sac ! En effet, après l’habituel mais désuet perroquet, après Jack, le formidable singe du Capitaine Barbosa… Et bien maintenant je vous présente Gros-Sac : Un pélican tricorné comme un empereur, légèrement enrobé… Bon… Relativement gras, il faut l’avouer… Ok, carrément obèse, ne nous voilons pas la face, aussi arrogant qu’insolent, au regard inquisiteur et méprisant, à l’attitude hautaine et présomptueuse, juste persuadé d’être le pirate le plus féroce de toute la baie…  Personnage à part entière dans ce roman dans lequel il joue un rôle qui a toute son importance, ce n’est pas seulement un animal, ce n’est pas juste un oiseau non : C’est LE pélican que tout le monde rêverait d’avoir !
Particulièrement admirable, le style de l’auteure est remarquable tant il est soigné et raffiné. N’hésitant pas à user et abuser pour notre plus grand bonheur des comiques de situation, de gestes, de mots et de caractère, la plume de l’auteure est tout simplement brillante et délectable, contribuant là encore à la qualité du récit et au plaisir qu’on prend à le lire.

En bref… « Nombreux sont les trésors que tu seras amené à chercher. Un seul mérite d’être trouvé ». En voilà un de trésor littéraire, qu’il ne tient qu’à vous de découvrir !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire