mardi 25 octobre 2016

Chroniques 2016 \ Dieu 2.0 - Bye Bye Internet de Henri Duboc


Quand le diable ne s'habille plus en Prada, Dieu se dope à la Permafrostine et les plus éminents scientifiques de cette planète sont invités à retourner fissa chez leur mère ! Ou, plus sobrement : "Dieu 2.0 - Bye Bye Internet" de Henri Duboc, aux éditions Lajouanie.
 
Le pitch : Le monde, 04/05 août 2058 : Gabriel s'apprête à quitter l'hôpital universitaire Axel Kahn de Paris, après avoir subi une opération cardiaque "à l'ancienne" selon son souhait. La Papesse Oranne est quant à elle sur le point de célébrer une messe au Mexique après avoir visité un Mémorial dédié aux victimes des cartels. De leur côté, Yosa Takahara et sa compagne Ariane contemplent les merveilles dont regorge le majestueux Parc de Yosemite. C'est l'instant précis que Dame Nature choisit pour faire du monde le triste théâtre d'un cataclysme sans précédent. Les victimes sont innombrables et les dégâts colossaux. Complètement défiguré pour en voir une grande partie rayée de la carte, la face du monde a changé. Totalement démunis, les rescapés n'ont d'autre choix que de rejoindre l'Europe, seul continent plus ou moins épargné. Contraints de vivre dans des camps et de se sevrer des nouvelles technologies, désormais trop rares, coûteuses et énergivores, les survivants font des proies faciles de l'obscurantisme...
 
Souvenez-vous... C'est à l'occasion d'une sympathique soirée de juin, organisée par Bookeen, que je faisais la rencontre de ce formidable auteur et de son roman "Dieu 2.0 - La Papesse Online" qui l'est tout autant. Au terme d'une captivante lecture qui me laissait irrémédiablement conquise, je concluais ma chronique en qualifiant ce roman comme "un OVNI littéraire sûrement, mais un petite pépite sans aucun doute dont j’attends la suite avec impatience"... La suite ? Elle est là, juste sous mes ongles fraichement manucurés, engloutie en moins de temps qu'il ne m'en faut pour vous l'écrire... Oui, parce que maintenant me voilà en charge d'une lourde mission : rédiger une chronique à la hauteur de ce roman... Pari perdu d'avance, mais soyons fous, je relève le défi !
 
Après un prologue de la Mort qui tue tant il est accrocheur (Naaaan mais sans déconner, ce Prologue mes amis! Désolée mais fallait vraiment que je vous exprime mon éblouissement!), l'auteur poursuit admirablement sur sa lancée, et s'attelle à une tâche... Pas simple, mais qu'il réussit pourtant avec brio : Faire s'effondrer le monde. Si si. Rien de plus, rien de moins. Tout cela en une poignée chapitres. Si si. A grands coups de tremblement de terre apocalyptique. Si si. Et au sens propre hein, parce que la maison ne recule devant aucun sacrifice pour vous ébahir !
Alternant dès lors les chapitres avec subtilité, entre la deuxième moitié du XXIème et la fin du XXIIIème siècle pour un suspense de tous les instants et une tension qui monte crescendo au fil des pages, l'auteur nous livre ici une intrigue toujours aussi bien construite et rondement menée, ne manquant pas d'aborder une fois de plus des sujets qui ne sont pas si futuristes qu'on pourrait le croire... Evoquant les névroses numériques quand on parle du tout connecté... Evoquant le risque des dérives fanatiques quand on voit nos concitoyens se faire massacrer pour un Dieu qui, vraisemblablement, n'en a jamais demandé tant... Evoquant des "camps de réfugiés tectoniques" à l'heure même où l'on rase la "jungle de Calais"... Pour rappel : Un roman d'anticipation... Mais pas que...
J'ai en outre pris grand plaisir à retrouver ces personnages rencontrés dans le premier tome. Déjà soignés dans le roman précédent, j'ai trouvé ceux-ci plus approfondis, plus mûris encore. Mention spéciale pour ce cher W3, pourtant pas si présent mais omniprésent, et décidément le plus humain dans ce qu'on fait de mieux en matière d'I.A., peut-être plus humain... Que les humains eux-mêmes ! Qui l'eut cru ? Et pourtant n'est-ce pas l'homme et sa profonde humanité qui se révèlent bien prompt à dispenser maux et jugements, bien capable de réveiller ses plus bas instincts lorsqu'il se sent en danger... L'humanité en somme est une notion bien relative... Bref...
Servi par une plume toujours aussi fluide et savoureuse, l'auteur n'oublie pas le thème qu'il avait abordé dans le premier tome, à savoir le conflit intemporel qui existe entre science et religion, et ne cesse ici de l'approfondir... Et les deux prennent cher, c'est moi qui vous le dis ! Faisant l'objet, selon moi, d'un traitement digne de la grande querelle des Anciens et des Modernes qui a animé la fin du XVIIème siècle ! Pour autant, n'est-ce pas là une guerre qui n'a pas lieu d'être ?  Quand on entend d'un côté que la phrase la plus importante en science est "Je ne sais pas", et qu'on nous répond de l'autre que "La croyance est quelque chose de terriblement beau, et humain. Parce que c'est mettre de l'espoir là où il n'y en a plus aucun" (Ca c'est, même une phrase qu'aurait pu sortir Galadriel à Frodon lorsqu'il était dans une sacrée panade... Rhooo je les vois d'ici, dans la forêt de Lothlorien... Hum... Mais je m'égare, excusez-moi!) ? Pourrions-nous donc vraiment nous passer de l'un ou de l'autre ?
Bon... La suite au prochain épisode... Quoi? Quoi ?! QUOI?! Sacré nom de Dieu (oui, encore lui, pardon!) mais qu'est-ce que c'est que cette fin ?! Car oui l'auteur, non satisfait de nous avoir servi un roman plus sombre où le suspense se révèle particulièrement haletant, pousse le sadisme jusqu'à nous laisser en plan avec un sa***erie de p***tain de sablier... Ca, ça je vous le dis : C'EST FRANCHEMENT PAS GENTIL ! (Oui, désolée mais fallait vraiment que je vous exprime ma frustration!)

En bref, et au risque de me répéter : Une véritable petite pépite du futur... Dont j'attends la suite avec impatience... Mais je sais qu'elle est écrite. Autrement dit : Monsieur l'auteur, va falloir qu'on cause !!!