vendredi 15 janvier 2016

Chroniques 2015 \ La septième fonction du langage de Laurent Binet



Prix Fnac et Interallié 2015: "La septième fonction du langage" de Laurent Binet chez Grasset.

Le pitch: 25 février 1980, le grand Roland Barthes se fait renverser par une camionette alors qu'il sort d'un déjeuner avec François Mitterrand, et en décédera peu de temps après. Mais si ce qui s'apparente à un malheureux accident cachait finalement un meurtre, dans le but de récupérer un document recelant un redoutable outil de pouvoir, la septième fonction du langage définie par Jacobson? Jacques Bayard, policier n'aimant personne et Simon Herzog, universitaire coincé décodeur de symboles, vont devoir mener cette enquête folle et dangereuse pour percer ce mystère...

Convaincue par sa grande popularité et les critiques élogieuses dont il a fait l'objet, je suis malheureusement passée à côté de ce roman dont il faut pourtant reconnaître les multiples qualités. L'auteur s'adonne en effet à un exercice périlleux et pourtant brillamment réussi lorsqu'il part d'un fait réel pour imaginer toute une intrigue sur fond de complot où les morts s'accumulent à une vitesse alarmante. En outre l'auteur nous livre, de manière très originale, une oeuvre particulièrement érudite, indéniablement documentée, et riches en références. Pour autant ce livre, à la fois roman linguistique et polar loufoque, m'a perdue en cours de route. Après un début pourtant rythmé et prometteur, je me suis noyée dans les trop nombreuses leçons de sémiologie, scènes de bacchanales, et cours de linguistiques. J'ai repris pied à partir de la quatrième partie, mais sans doute un peu tard pour ne pas y voir qu'un délire de Khagneux surdoué. Sans doute le fait d'être née après les événements servant de base a aussi joué en ma défaveur... Néanmoins le talent de l'auteur est ici réel et incontestable.

En bref, un roman atypique, décalé et déjanté à lire avec précaution...