dimanche 18 septembre 2016

Chroniques 2016 \ Police de Hugo Boris


Véritable cas de conscience que pose ce roman profond : Police de Hugo Boris, aux éditions Grasset.

Le pitch : Gardien de la paix au Commissariat du XIIème arrondissement de Paris, Virginie fait partie de ces policiers en uniforme que l’on croise tous les jours sur le terrain. Suite à un incendie allumé par des clandestins au Centre de rétention, et en raison de l’indisponibilité des effectifs de la COTEP (Compagnie des Transferts d’Escorte et de Protection), Virginie et deux de ses collègues, Erik et Aristide, sont appelés en renfort pour accomplir une mission qui ne leur est pas habituelle : Amener un réfugié Tadjik jusqu’à l’aéroport de Roissy en vue de l’expulser du territoire national et le rapatrier dans son pays. Mais lorsque Virginie, à fleur de peau pour des raisons personnelles, réalise que cette reconduite à la frontière est synonyme de mort pour leur passager, la mission va dès lors prendre une tournure incertaine…

La rentrée littéraire est toujours l’occasion pour moi de partir à la découverte de nouvelles plumes, de rencontrer de nouveaux auteurs, de me plonger dans des nouveaux romans, sur lesquels je ne me serais pas forcément penchée au premier abord. Cette année ne fait pas exception, c’est donc totalement par hasard que j’ai croisé la route de ce court roman au gré de mes pérégrinations en librairie… 

N’épargnant rien ni personne, l’auteur nous plonge ici au cœur du quotidien de trois policiers s’apprêtant à réaliser une mission qui n’entrent pas habituellement dans leurs fonctions, donnant ainsi à son lecteur le rôle du quatrième membre de l’équipage. S’en suit dès lors un huis clos particulièrement prenant, tant la tension est palpable et le suspense brillamment maintenu au fil des chapitres, qui défilent aussi vite que le véhicule de ces forces de l’ordre.
Mettant en avant leurs nombreuses failles et leur détresse personnelle, l’auteur nous brosse ainsi un portrait foncièrement réaliste de cet équipage, forçant le lecteur à admettre que, derrière chaque uniforme où le mot « POLICE » est écrit en lettres capitales, se tient un homme ou une femme, être humain à part entière parfois contraint de mettre un mouchoir sur sa moralité et ses sentiments au nom de la loi et de la conscience… professionnelle. Et c’est justement là où l’empathie n’a guère de place que la brèche va pourtant s’ouvrir pour nos trois policiers au bord du précipice, poussant ainsi le lecteur, dont toutes les certitudes ont été réduites à néant, à se poser la même question : Et nous, qu’aurions-nous fait à leur place ? 
La plume est belle, vive et agréable, et apporte toute la sensibilité requise à ce roman qui se lit d’une traite. Pour autant, je suis inexplicablement restée sur ma faim. Sûrement en attendais-je trop de ce roman, qui n’en reste pas moins un excellent moment de lecture.

En bref, un roman puissant, et nécessaire à l’heure où l’humanité des forces de l’ordre est souvent dénigrée.